
Est-ce qu’un film « Développement Durable » est FORCEMENT un film chiant ? Un pensum/documentaire bien pensant et culpabilisant ? Un « non-film » manichéen qui s’étire indéfiniment sur le même modèle : homme bouuuh mauvais, technologie pouah pas bien, jolie planète sniiiif mal en point. Maintenant yaka trouver des solutions hein les gars. Après la purge d’Hulot et les zolies photos qui bougent de Yann Arthus Bertrand, on serait tenté de dire PLUS JAMAIS ON ME FORCE A ENDURER CA PENDANT 2HEURES. Je serai même enclin à ajouter « bordel ! » mais c’est parce que je suis très énervé.

Il y a cependant un cinéma qui prend à bras le corps les grandes peurs du moment pour en tirer le meilleur du divertissement, un cinéma qui se coltine la réalité de plein fouet en ayant l’air de rien, un cinéma qui n’a pas peur de miser sur le sous-texte et l’intelligence de celui qui le voit : la SF, le cinéma d’anticipation et plus généralement « le cinéma de genre ». Dernier exemple en date, « District 9 » un « petit film » sud africain qui sous couvert d’actioner SF bien bourin, d’adaptation officieuse de Halo, est en réalité un pur bijou de cinéma social et engagé. Altérité, génocide, apartheid, politiques sociales dégradantes, exclusions, incommunicabilité, dérives fascisantes, acceptation de l’autre, les messages défendus font mouche sans en avoir l’air (parce qu’on a vécu une pure expérience de cinéma ludique).

Le Réal, Neil Blomkamp, a l’intelligence de dépasser l’argument du « film concept » et nous offre un des métrages les plus novateurs de la décénnie, rien de moins. Si en plus j’ajoute que le film a réellement été tourné à Soweto (donc sur place) avec une équipe locale, ça peut vous convaincre que le « discours » du film a été aussi appliqué « à la vraie vie ». On aura l’occasion de parler de cinéma de genre ici, ne vous inquiétez pas.

District 9 de Neil Blomkamp, actuellement dans les salles.

