PETIT PARADOXE À TALONS
par ISABELLE

J’ai remarqué que lorsque je parle du sujet « écolo » à une personne ses yeux se dirigent sur mes vêtements pour les décrypter. Question : mais ce que tu portes, tu l’as acheté où ?

Réponse : hormis quelques pièces acquises récemment, mon vestiaire ne contient que très peu de pièces bio et/ou équitables. Alors, faites ce que je dis, mais surtout pas comme moi ? Vous faites ce que vous voulez, mais pour ma part j’ai la conscience presque tranquille.

D’abord, j’achète peu : du vintage à prix dérisoire, un tout petit peu de bio/équitable depuis que des marques spécialisées commercialisent autre chose que des sacs à pommes de terre déstructurés, et comme tout ça est raisonnable il me reste un peu de fonds à investir dans quelques très belles pièces par saison. Je me trompe peut-être, mais je me dis que dépenser la même somme d’argent pour moins de produits, en évitant les enseignes qui « tirent » les prix tellement vers le bas que ce n’est PAS POSSIBLE qu’il y ait le moindre respect envers la planète, et encore moins envers l’humain, c’est une attitude écolo. Visiblement c’est joli aussi puisque hier j’ai eu la surprise de recevoir les compliments d’une rédactrice en chef mode pour un top que j’avais acheté il y a… plus de cinq ans.

Il y a quand même un dilemme pour cet été. J’ai grillé mon budget chaussures avec deux paires luxueuses et vertigineuses  -c’est déjà trop, je sais- que j’espère transmettre à mes petits enfants, en croyant que j’avais DÉJÀ assez de sandales plates. Sauf que celles que je préférais ont eu la désobligeance de me lâcher. J’ai claudiqué jusqu’au cordonnier le plus proche qui a fait une sommaire réparation afin que je puisse rentrer honorablement, mais il me reste quand même tout juillet et tout août à tenir. Sur 14 cm de talons ça risque d’être long. Je pourrais aller chez H&M, y trouver des sandales à 12 €, qui devraient quand même durer deux mois. Et bien, ça m’ennuie. Donc je dois réfléchir rapidement à une solution.

En attendant, j’ai photographié mes trésors.

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Nota Bene.
* La plus green des marques de luxe est Hermès, qui utilise en majorité des matières naturelles et traditionnelles, et qui emploie plus de 500 personnes qualifiées, en France, en HQS (haute qualité sociale). D’où le Birkin à 5 000 €.
* Le coton représente 5% des terres cultivées pour 25 % des pesticides dans le monde. Les conséquences sur les nappes phréatiques et la santé des ouvriers agricoles sont désastreuses. Pour quelques centimes de plus, on peut acheter de la « junk fashion » bio, c’est déjà énorme.
* La paire de Pierre Hardy ci-dessous a été fabriquée en Europe… probablement…

pierre-hardy-ecolo-pas-green

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