TROIS JOURS TOUT À FAIT SANS PLASTIQUE
par VIRGINIE BOUBEE

Il était une fois une fille pas du tout bio-bobo-écolo : moi.

J’aurais aimé vous dire que je m’étais convertie à l’écologie après une rencontre exaltante avec un militant vert et bronzé à un conclave altermondialiste au Panama. En fait c’était avec une fille (jolie quand même, hein) et autour d’une salade-César-sans-croûtons-s-il-vous-plaît à une terrasse de Saint Germain des Prés. Bon, quand même je devais avoir un air de victime consentante ce jour là puisqu’Isabelle m’ayant lue à travers quelques posts dans d’autres lieux virtuels m’a recrutée pour son blog en me vendant comme mission de faire plein de tests improbables pour découvrir l’envers de l’écologie. Moi pas du tout écolo à la base, du coup j’ai été tentée par le challenge, et la chance de pouvoir rabattre le caquet des verts-relous en parlant d’expérience. Alors me voici avec sous le bras mon premier défi : trois jours sans plastique. J’ai donc accepté de vivre quelques jours à côté de la matière la plus répandue au monde sans mettre les pieds dedans.

Le premier matin toute guillerette, je ressors mon sac de paille, celui que j’avais peint en doré l’été dernier pour matcher avec la tendance bio-bling du moment et je pars faire mes courses : heureusement j’avais du temps ! Après une heure à scruter les rayons du monop en mode chercheur d’or, je parviens péniblement à rapporter quelques Wasas, plusieurs fruits pesés un à un -tant pis je les nettoierai mieux en rentrant- et une bouteille de vin. Pour le reste, je crois que ce défi va se révéler incroyablement efficace pour mon porte monnaie – et pour mon tour de taille!

J’ai l’impression de faire brusquement un grand bond dans le temps vers l’âge de pierre sans passer par la case Moyen-Âge. Parce que soyons réalistes, nos grands mères avaient le bon goût de garder au moins leurs produits dans des boites en verre, en terre cuite ou même en métal. Mais allez trouver un masque dans un pot d’argile aujourd’hui ! Je vais devoir me faire un gommage maison sucre et miel, par contre je n’ai pas de solution pour la crème de visage. Quant au shampoing… Dans mon lit non plus, personne. Pas de plastique pas de condom, pas de condom pas de boyfriend. Paris protège l’amour et l’amour sans plastique protège la planète donc l’amour protège Paris. cqfd. Mais ça va être long quand même…

Le lendemain, la faim me pousse à changer de stratégie et je commence à me renseigner sur les solutions alternatives. Il va falloir que je retourne au rayon boites de conserves et bocaux et que je me remette à cuisiner façon grand-mère. Du coup j’ai fait connaissance avec mon boucher (un mec cool sans accent toulousain et sans gourmette), je me suis réveillée tôt un samedi matin pour aller au marché et je passe une partie de mes pauses dej à éplucher les forums niaiseux de nanas qui se repassent leurs recettes de beauté naturelles tout en s’extasiant sur le filet de bave de leur dernier né. C’est la partie la moins amusante du défi mais aussi la plus utile, parce que savoir qu’on peut fabriquer son shampoing à base de savon de Marseille, de beurre de karité et de glycérine naturelle, c’est pas forcément évident au départ. Au retour de mon apéro terrasse au Bar du Marché j’ai glissé sur un savon devant la boutique Lush… Du coup je suis entrée, et ressortie avec un joli petit shampoing en forme de savon et un masque à cheveux dans une boite en carton noir. Je ne sais pas si c’est efficace mais au moins ça sent bon. J’ai aperçu une marque de cosmétiques bio avec des emballages en papier et carton chez Naturalia (Couleur Caramel, ça s’appelle). L’histoire ne dit pas si ils sont efficaces, je n’ai pas testé pour vous mais ça pourrait faire l’occasion d’un prochain challenge, avec photos de l’état de ma peau au fur et à mesure de l’avancée des travaux.

Mon conseil suivant si l’on veut pouvoir poursuivre cette habitude non plastifère un petit moment : sérieusement upgrader le niveau de ses soirées. Finies les crémaillères avec seulement des verres en plastique et un paquet de chips ouvert sur la table basse ! sinon vous risquez de vous retrouver sous la dite table à boire en cachette à la bouteille. Finis aussi les vernissages et autres sauteries semies-publiques où les flûtes à champagne sont en pvc. J’avais pensé amener ma flasque mais après réflexion je me suis dit que ça risquait de faire vaguement alcolo plutôt qu’écolo, du coup j’ai dû revoir mon emploi pour ne finir que dans mondanités les plus huppées, là où si jamais on ne vous sert pas le champagne dans une flûte en verre, eh bien c’est parce qu’elle est en cristal!

En résumé, parmi les choses possibles : le thon en boite aux tomates bio, c’est pas mauvais du tout. Il y a un joli savon de Marseille dans ma douche et j’ai ressorti mon pot de Nivea et ma bouteille d’huile d’Argan ramenée d’un précédent voyage au Maroc. Même pas en rêve : le condom bio, le shampoing maison – définitivement trop galère – et la bouteille en verre pour aller au sport. Ah oui, et aussi : j’ai utilisé un clavier en plastique pour taper ce blog, son équivalent en acier et verre n’étant pas encore commercialisé à des tarifs viables.
Evidemment pendant trois jours (et demi, j’y tiens) c’était la version ayatollah de la lutte contre le plastique, tout en ayant bien conscience que c’est non seulement intenable mais en plus tout à fait exaspérant pour les autres. Par contre du coup je vais peut être garder quelques bonnes habitudes (et relire ce post comme un mantra quand l’envie me viendra de lâcher du lest).

Mais comme dirait l’autre, « beaucoup encore il te reste à apprendre jeune padawan ».

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Image via Penelope Bagieu

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5 réponses à “TROIS JOURS TOUT À FAIT SANS PLASTIQUE”

  1. Erick dit :

    Alors là, chapeau !
    Ca me fait penser au challenges incroyables de Julie.
    Bravo les filles !

  2. Bravo miss pour ce beau challenge, çà n’avait pas l’air gagné d’avance !
    En tant qu’écolo modérée, j’aspire toujours à la croissance de « piété » environnementale ! J’ai par exemple acheté la gourde Sigg designée par Keith Harring, car en plus d’être belle et 100% recyclable et tout et tout…elle m’évite de gaspiller des tonnes de bouteilles ou verres en plastique pour me désaltérer tte la journée ! Je prend donc bonne note de tes petits tuyaux !!! :-)

  3. Virginie dit :

    @erick : et les prochains challenges s’annoncent encore plus musclés ;)

    @green is beautiful : Effectivement il y a tellement d’autres « trucs » à apprendre que je n’ai pas tout mis dans le post sinon ça se serait transformé en catalogue biocoop ;)
    Une jolie idée en tout cas la gourde!

  4. Ludivine dit :

    Bravo,
    Moi au début de ma conversion écolo (à la fac quoi) j’avais vu un reportage sur un gars qui avec sa famille avait décidé d’arrêter le pétrole, j’ai voulu faire pareil car « moi-aussi-je-suis-une-écolo » résultat j’ai tenu une demie journée… ben oui je ne voyais pas comment faire et c’était trop dur… Mais j’ai remplacé le gel douche soit par du grand format (type familial) ou du savon bio ! Et pour les cosmétique j’ai essayé une fois j’ai jamais réussi !!!

  5. Virginie dit :

    oui effectivement le problème des cosmétiques c’est qu’il faudrait posséder sa propre herboristerie pour parvenir à des résultats viables, moi aussi je trouve ça trop compliqué! Du coup je vais me fournir chez les marques un peu bio, Lush, Melvita, Weleda etc. Ça devient quand même de plus en plus facile à trouver heureusement!