MANGER BOUGER
par ISABELLE

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En général on préconise le sport pour pallier à une alimentation trop riche. Mais dans ce post, j’aborde le sujet à l’envers : comment bien manger pour de meilleures performances sportives ? Il se trouve qu’une alimentation végétale, locale, et bio (donc « low impact », ça tombe bien) est de plus en plus recommandée. Mon niveau sportif est plutôt « touriste », mais je côtoie beaucoup d’athlètes chevronnés, avec qui j’échange énormément, car j’ai encore beaucoup à apprendre. C’est fou, la plupart ne veulent pas croire qu’une alimentation purement « plant based » améliore les performances. Pourtant, les athlètes vegan ne manquent pas, et s’ils sont de plus en plus nombreux, ce n’est pas pour copier le lifestyle de Queen Bey et JayZ ! Ils sont tellement balèzes que personne, à mon avis, n’ose leur demander où ils trouvent leurs protéines… Allez checker le site de Brendan Brazier, qui est incroyable et super inspirant, et celui de ce couple de Néo Zélandais qui a fait le tour de l’Australie en courant un marathon TOUS LES JOURS de 2013, ce qui fait 365 marathons de suite tout de même, tout en mangeant cru ET végétal… Ils ont l’air tout à fait en forme, et leur histoire est vraiment attendrissante. J’adore…

De mon côté, alors que je m’entraine surtout pour le plaisir, et que je choisis mon matériel pour ses qualités esthétiques et non pas techniques (on ne se refait pas), mes résultats ne sont pas si nuls : pour la seule compétition -triathlon- que j’aie jamais faite, je me suis agréablement surprise… Il se trouve que j’avais mangé 100% végétal les 10 jours précédents.

Donc, manger pour mieux bouger, ok ? Mais s’il faut se morfondre à manger des trucs pas bons, ou se priver à faire un régime, au secours ! Donc voici un post très subjectif, ponctué de quelques #instafood dans lequel je fais part de mes découvertes alimentaires, qui me font plaisir, et qui font avancer mieux la machine.

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Ci-dessus, deux petits déjeuners composés de fruits (dont avocat) frais et secs, et de noix et graines,. Ils n’ont l’air de rien mais c’est absolument délicieux, sans sucre, pour fournir de l’énergie sur le long terme.

- La puissance du végétal : les aliments d’origine animale (viandes, laitages, oeufs) sont-ils mauvais pour les performances sportives ? Je ne sais pas, mais ce qui est sûr, c’est que les fruits et légumes contribuent vraiment à préparer et à réparer après l’effort. Surtout en cru, ils compensent les pertes minérales et apportent une grande quantité d’enzymes qui évite de puiser dans le capital musculaire à long terme (explications ici). D’autre part, le corps maintient naturellement un PH légèrement basique pour bien fonctionner. Or, tous les aliments animaux sont acidifiants, l’activité sportive étant elle-même très acidifiante, ce n’est pas la peine d’en rajouter une couche ! Cela demande beaucoup d’énergie pour réguler le PH, autant l’économiser pour mieux avancer. Les fruits et légumes, surtout verts, sont en revanche alcalinisants pour la plupart.

- Les protéines veggie : elles se trouvent partout ! Presque tous les légumes en contiennent, mais on en trouve en grande quantités dans les graines germées (plus que dans un steak, oui oui), les noix et amandes, les algues, les légumes secs dont les pois chiches (miam), les lentilles, le soja bien sûr, les graines de chanvre à saupoudrer partout (chez Un Monde Vegan), les graines de lin, la prodigieuse quinoa… J’ai appris à germer moi-même mes petites graines, c’est beaucoup plus facile que ça en a l’air, et c’est très bon (alfalfa, mungo, radis…). Ci dessous, mes snapshots de graine germée de haricot mungo (communément appelé pousse de soja) et ma délicieuse salade fenouil / carottes / algues / graines de lin.

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Ci-dessus,une assiette hyper chargée en protéines (quinoa, pois chiches, graines de courges) et des protéines de soja brutes.

- Les trésors des algues : ceux qui adorent les makis sont en fait complètement fans de Nori, qui peut servir d’assaisonnement sur beaucoup de plats, je les coupe en petits morceaux, c’est à tomber par terre. Les laitues de mer ne sont pas mal non plus. Je n’ai pas essayé la chlorella, mais la spiruline en gélules (60% de protéines – contre 30% pour le steak-, et de nombreux minéraux) fonctionne bien. Ce qui me gêne c’est son goût, pour moi ça pose un problème de me forcer à manger un truc pas bon, même en gélules…

- Le piège de l’index glycémique : l’apport glucidique est la clé de la caverne d’ali baba des sportifs, et pour ma part je ne suis pas encore tout à fait au point. Comment optimiser son apport en énergie, sachant que la digestion en prend beaucoup ? That is the question. L’erreur classique quand on passe au régime végétal, est de remplacer les rations d’origine animale par des rations les glucides lents (carbohydrates = pâtes, riz, etc). L’amidon transformé entraine en fait une augmentation de la masse graisseuse au lieu de la masse musculaire : ça fait de jolies fesses rondes, mais ce n’est pas très pratique pour courir vite. Donc un apport minimum est plutôt souhaitable -en tout cas pour moi-. En revanche, l’avant-veille d’une compétition, on peut se lâcher sur les pâtes, puis la veille au soir, en manger raisonnablement. Surtout j’évite la tomate, qui est acidifiante lorsqu’elle est cuite.

- Juste avant l’effort : Il faut manger des « sucres lents », en quantité raisonnable, maximum 3 heures avant. Dans un bol, je mélange du riz avec des fruits secs, et un peu de lait de riz, d’amandes ou de soja, mais il existe plein de recettes home made (ou pas), y compris pour des barres de céréales. Parfois lorsque je me couche tard, je mange mon mélange à 5 h du matin, et à 10 heures le lendemain me voilà prête pour aller courir, c’est très utile parfois de faire la fête !

- Pendant la compétition : Si on fournit plus de 20 minutes d’effort, il faut prendre des mini rations chargées en fructose, des gels magiques, concentrés d’énergie spécialement conçus pour les efforts longs. Le jour J, j’avais un peu merdé en choisissant une marque PAS BIO qui n’a pas été très sympathique avec mon estomac. Depuis j’ai testé les gels BIO Punch Power qui sont top (à acheter au Triathlon Store où on est super bien conseillé).

Ci dessous les gels Speed’Ox Bio, et mon menu idéal de pré-compèt : pâtes bio, fenouil et oignons cuits dans un peu d’huile d’olive, assaisonnement aux algues.
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- Le mystère du citron : cet aliment ultra acide, une fois assimilé, devient ultra alcalinisant… Je bois des litres d’eau citronnée, de préférence à jeun le matin (mais pas juste avant l’effort quand même).

- La magie du chou (ci dessous salade de chou + lentilles pré-germées) : le chou est incroyablement riche en minéraux, dont du fer, très important, en calcium, en vitamines, et anti oxydants, il est donc un allié parfait du sportif. À manger cru en salade comme dans cette recette.

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- Le pouvoir du curcuma (ci dessus, dans de l’eau avec du citron) : alcalinisant, hyper digeste, et même un protecteur intestinal, ce puissant anti cancer aide à la reconstruction cellulaire, entre autres bénéfices. On peut le consommer en poudre comme une épice, dilué dans l’eau chaude comme du thé, ou frais pressé en jus centrifugé, en compagnie de pommes, carottes, ou autres trucs cool.

- Les chia seeds, panacée ou bullshit ?Photos ci dessous – prononcez Tchia, s’il vous plait :

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Ces petites graines noires ou gris clair sont très à la mode chez les « New Age », je n’ai donc pas pu m’empêcher de tester. D’une texture visqueuse lorsqu’elles sont en milieu humide, je les saupoudre un peu n’importe où, ça craque sous la dent, mais ça n’apporte pas grand chose d’un point de vue gustatif. Si elles peuvent me permettre les mêmes prouesses que celles du Peuple Tarahumara d’Amérique du Sud, et bien allons-y.  En tout cas il ne faut pas en abuser, croyez moi…

- La boisson miraculeuse :

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Pour les entrainements je concocte une boisson isotonique home made (eau filtrée, un peu de sel, du miel ou sirop d’agave, 20% de jus de fruit frais -pomme et/ou carotte-, de l’acérola) à laquelle je rajoute de la poudre d’Açaï : découverte au Paris Vegan Day, ce super aliment, concentré de poudre violet sombre, anti-oxydant et tonique, s’achète chez Sol semilla. J’ai noté une nette amélioration lors de mes entrainements, que ce soit natation ou course à pied.

Voilà, tout ça peut paraitre un peu rébarbatif, mais c’est passionnant lorsqu’on a mis le nez dedans. Et il y a encore mille autres choses, j’en découvre de nouvelles presque tous les jours. Manger végétal, c’est tout un lifestyle, et ça prend (un peu) de temps et de réflexion. Alors, pour tous ceux qui n’ont pas envie de faire eux-mêmes le contenu de leur assiette, promis je ferai bientôt un post de restaurants à Paris.

En tout cas, ce sont ici des réflexions personnelles, et je ne veux rien prouver, peut-être juste ébranler cet espèce de truc gravé bien profond dans nos inconscients collectifs : « la viande rend costaud ». Et la soupe fait grandir, n’est-ce pas ! Pour moi l’alimentation est un choix presque intime, même si les conséquences sur notre santé, l’environnement, les droits des animaux, sont colossales. Alors, tous en plant-based ? D’abord il ne faut pas passer d’un extrême à l’autre, et puis, que serait notre patrimoine gastronomique, en version végétalienne ? Au secours ! Les Ayatollah Vegan (j’en ai rencontré quelques uns) me font très peur, je préfère donc rester « flexitarienne » : vegan au jour le jour, avec des exceptions. En revanche, avant un gros événement sportif, pas question de faire des écarts ! Et je continue, pensez à moi bien fort le 2 mars, car je courrai le semi marathon de Paris. Fingers crossed. Youhhhhouuuuu le mélange de trouille et d’excitation !!!!

PS. Je mange tellement de graines que mes amis me surnomment « le moineau ».

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English version « à la mode » by Matthew Pagett

FIVE A DAY

The eat to improve athletic performance? It turns out that a plant-based, local, and organic diet (so, “low impact,” which is nice) is increasingly recommended. I’m more of an amateur athlete but I hang out with a lot of seasoned jocks, and I ask them tons of questions, because I still have so much to learn. It’s crazy that most of them don’t want to believe that a purely plant-based diet can improve performance. But there are plenty of vegan athletes, and they’re not just doing it to copy Jay Z and Queen Bey. They’re generally so ripped that, in my opinion, nobody dares ask them where they’re getting their protein…

Just check out Brendan Brazier’s site, who is incredible and inspiring, or this couple from New Zealand, who went all around Australia by running a marathon EVERY DAY in 2013, which in case you lost count is 365 marathons in a row, all while eating raw AND vegan! They seem like they’re in great shape, and their story is really quite touching. I’m a fan.

As for me, I work out mostly for pleasure. I choose my equipment for its aesthetic qualities rather than its technical qualities (I’m incorrigible), and my results aren’t that bad. For the only race I ever ran – a triathlon – I was pleasantly surprised. And as it turns out, I ate a 100% vegan diet for the 10 days leading up to it.

So, eating to stay in shape – fine. But if you have to struggle to eat things that don’t taste good, or deprive yourself to follow a diet, no way! So here’s a very subjective post, interspersed with a few #instafoods where I share my culinary discoveries: the ones I like and the ones that keep my body running better and better.
Above, two breakfasts with dried and fresh fruits (including avocados), nuts, and grains. They may not look like much but they’re absolutely delicious, and sugar-free so they provide long-lasting energy.

- The power of plants: is animal-based food (meat, dairy, eggs) bad for athletic performance? I don’t know, but what I do know is that fruits and vegetables are great for gearing up for an effort, and for recovery. Especially when they’re raw, they replenish lost minerals, and are full of enzymes that mean you don’t have to tap into long-term muscle storage (more information here). On top of that, the body naturally maintains a slightly basic pH. Since all animal-based foods are acidic, and athletic activity is too, there’s no point in adding more! It takes a lot of energy to regulate pH, which you might as well devote to performance. Fruits and vegetables, especially green ones, mostly have an alkalizing effect.

-Veggie protein: it’s everywhere! Almost all vegetables contain protein, but there’s more to be found in sprouted grains (more than in a steak, yes it’s true!), nuts and almonds, seaweed, dried vegetables like chickpeas (yum), lentils, soy of course, hemp seeds you can sprinkle anywhere (see Un Monde Vegan), flax seed, and the prodigious quinoa, to name just a few. I’ve learned how to sprout my own little seeds. It’s a lot easier than it looks, and they’re quite tasty (I’ve made alfalfa, mung beans, radishes…).

[Below], photos of my mung bean sprouts, and my delicious fennel / carrot / seaweed/ flax seed salad.
[Above], a plate loaded with protein (quinoa, chickpeas, pumpkin seeds) and raw soy protein.

- The treasure of seaweed: sushi lovers are total Nori fans. It can be used to season any number of dishes. I cut them into little pieces that make me weak in the knees. Sea lettuce is pretty good too. I haven’t tried chlorella, but spirulina in gel caps (60% protein compared to 30% protein for steak, and full of minerals) works well. What I don’t like is how it tastes… and it’s a problem for me to have to force myself to eat something that doesn’t taste good, even if it’s in a pill.

- The glycemic index trap: mastering energy levels is the key to Ali Baba’s cave for athletes, and this is one I don’t completely master. What’s the best way to optimize energy sources, since digestion takes so much energy? That is the question. The classic mistake when someone goes vegetarian is replacing animal food with carbs (pasta, rice, etc.). Processed starch leads to putting on fat instead of muscle: it makes for a nice round behind, but it’s not great for running fast. So it’s best to minimize this – at least for me. On the other hand, you can go crazy on pasta two nights before a race, and then eat it again, in a reasonable amount, the night before. I make sure to avoid tomatoes, which are very acidic when they’re cooked.

- Just before the race: Eat a reasonable quantity of complex carbs, at most 3 hours before. I usually mix some rice together in a bowl with dried fruits, and some rice milk, almond milk, or soy milk, but there are plenty of homemade recipes (and some less homemade ones), for things like that or for granola bars.  Occasionally, when I go to bed late, I eat my mix at 5 AM, and at 10 AM the next day I’m ready to go for a run. Sometimes going out late can be useful!

- During the race: If you’re going to be exercising intensely for more than 20 minutes, you need mini-snacks loaded with fructose, magic gels that are energy concentrates specifically designed for extended efforts. On race day, I messed up a little by picking a NON ORGANIC brand that didn’t really agree with me. In the time since, I’ve tested Organic Punch Power Gels which are great (you can find them at the Triathlon Store, where they’ll help you find exactly what you need).

[Below], the Speed’Ox organic gels, and my ideal pre-competition meal: organic pasta, fennel and onions sautéed in olive oil, seasoned with seaweed.

- The mysterious lemon: Once this ultra-acidic food is digested, it has an amazing alkalizing effect. I drink liters of lemon water, preferably on an empty stomach in the morning (but not right before a workout).

- The magic of cabbage (below, cabbage salad + pre-sprouted lentils): cabbage is incredibly rich in minerals, like iron, which is very important, calcium, vitamins, and anti-oxidants. It’s the athlete’s perfect teammate, and can be eaten raw in a salad, like in this recipe.

- The power of turmeric (above, in water with lemon juice). Alkalizing, highly digestible, and an intestinal protector, this powerful anti-cancer plant helps in cell reconstruction, among other benefits. It can be taken as a powder (in spice form), infused in hot water (like tea), or cold-pressed in a juicer, accompanied with apples, carrots, or other tasty treats.

- Chia seeds – panacea or BS?  -  Photos below:

These little black and grey seeds are very popular now among the New Age crowd, so I couldn’t resist trying them. They’re viscous when wet. I sprinkle them around here and there. They crunch when you bite into them, but there’s not much of a taste. If they can confer upon me the same prowess as the Tarahumara in South America, then why not. But in any case, it’s best not to eat too many… trust me on that one.

- The miracle drink:

For workouts, I mix up a homemade isotonic drink (filtered water, a pinch of salt, honey or agave syrup, 20% fresh fruit juice – apple and/or carrot –, and acerola), and add Açaï powder. I discovered it at Paris Vegan Day. It’s a concentrated dark violet powder, an antioxidant and tonic superfood. It can be bought at Sol semilla. I noticed a clear improvement in my workouts, both swimming and running.

So there you have it… it can all seem like a lot of work, but it’s really exciting once you get into it. And there are a thousand other things: I’m discovering new ones almost every day. Eating vegan is a whole lifestyle, and it takes (a little) time and thought. For those who don’t want to have to fill their plates themselves, I promise I’ll soon write a post about restaurants in Paris.

In any case, these are just my personal opinions, and I’m not trying to prove anything. Rather, I just want to try to shake this sort of deeply ingrained idea in our collective consciousness, that “meat makes you strong.” And soup makes you grow tall, right…? For me, eating is an intimate choice, even as the consequences for our health, the environment, and animal rights are colossal. So, should we all go vegan? First, it’s not a good idea to go from one extreme to the other, and then, what would happen to our rich culinary tradition?  What to do? The Vegan Ayatollahs (I’ve met a few) really scare me. So I prefer to stay “flexitarian”: vegan most of the time, with some exceptions. However, before a big sports event, there’s no question of deviating! And I’m continuing onward – keep me in your thoughts on March 2, because I’ll be running the Paris half marathon. Fingers crossed. I’m terrified and excited!

P.S. I eat so many seeds that my friends call me “the sparrow.”

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