Le raw-foodism est un mouvement, une philosophie de vie, qui propose de manger les aliments crus. Dans le but de diminuer la consommation d’énergie -moins de gaz ou électricité-, et surtout parce que la cuisson tue une grande partie des nutriments. Les études scientifiques montrent que notre darwinienne faculté d’adaptation n’a pas suivi le rythme effréné imposé par l’industrie alimentaire. On préconnise le retour au régime paléolithique.
Donc, tout cru. L’homme préhistorique avait sans doute une forme olympique et pas un poil de graisse, mais son espérance de vie ne dépassait guère les 30 ans, si je ne m’abuse. Et si ça se trouve son système digestif ressemblait à un tambour de machine à laver…
Dubitative, mais tellement curieuse, j’essaie d’imaginer un dîner 100% RAW. Je pensais que ce serait enfantin, en réalité certaines manipulations sont longues et… un peu compliquées.
Nos cuisines sont équipées pour une cuisson à haute température -violente, oui-, il faut donc un appareil spécial pour cuisiner les céréales à très basses températures : un déshydratateur que je n’ai aucune envie d’acquérir, de la même façon que je n’ai pas envie de cuisiner 3 heures par jour. Entre le surgelé/micro-ondes et le puriste à fond RAW il doit bien y avoir un petit espace dans lequel je vais me glisser.
J’ai fait au plus simple. Voici quelques recettes que j’ai inventées, en fonction des ingrédients que m’a proposés Louis et de l’inspiration du moment. J’ai imaginé un repas le plus « unprocessed » possible, sans crise de nerfs aux fourneaux. Utilisez votre flair pour les quantités. Surtout, n’oubliez pas de mettre de la musique un peu fort, et de placer un verre de vin à proximité du plan de travail.
Râper grossièrement 3 petites courgettes bien fraîches (ce qui veut dire qu’elles sont dures et turgescentes car elles n’ont pas traîné une semaine dans le frigo). Réunir 3 feuilles de basilic, 3 feuilles de menthe, un peu de thym frais, les superposer sur une planche, les émincer avec un couteau tranchant, en fines lamelles. En les coupant tous ensemble vous ne faites l’opération qu’une seule fois, c’est déjà très fatigant de râper toutes ces courgettes.
Ajouter le jus d’un demi citron, de l’huile d’olive, du poivre noir en moulin, du sel fin, mélanger, c’est prêt. En attendant le dîner, mettre au frigo. Le plat se conserve un jour maximum.
Betteraves rouges au gingembre / Un peu cuit
La base : cuisine au beurre demi-sel + betteraves CRUES râpées + gingembre frais en tout petits dés (possible surgelé, ça existe mais c’est moins bon) + un peu de sauce soja + vinaigre balsamique + soit ail soit oignon, soit les deux (les oignons frais sont top, avec leurs fanes).
Si vous avez les fanes des betteraves, coupez les en petits morceaux et ajoutez-les. Dans ce cas ne mettez pas les fanes des oignons frais, c’est soit l’un soit l’autre.
Cuire pendant une demi-heure à feu très doux.
Saumon mariné / Classique, et CRU.
Du saumon frais, bio s’il vient d’élevage. Tranchez-le finement. Arrosez de citron vert, d’un peu de vinaigre balsamique, d’un peu d’huile d’olive. Pour les épices, j’aime bien mettre du thym TRÈS frais, du sel, du poivre, et des petits brins de fenouil, vous savez les petites barbichettes vertes, au goût anisé.
Laissez mariner 2h minimum au réfrigérateur.
Semoule Kamut / Un peu cuit / Matériel ultra basique : un saladier, une bouilloire, c’est tout.
Achetez de la semoule de couscous Kamut (une variété de blé ancienne, beaucoup plus digeste que les blés hybrides actuels très chargés en gluten). Dans un saladier, versez la quantité voulue. Par dessus, disposez de petits morceaux de beurre salé. Vous pouvez aussi mettre des raisins secs et des pignons de pin. Recouvrez d’eau bouillante. Lorsque la semoule a gonflé, égrenez-la à la fourchette de façon à bien aérer et mélanger le beurre.
Dessert « Muaka ». / Pas vraiment CRU mais pas besoin de four.
A feu très très doux, mélanger une demi tablette de chocolat au lait, un peu de sucre, une tranche de beurre salé, avec des pépites de cacao brut (cocoa nibs, j’aime bien le nom anglais. Je crois qu’on trouve ça dans les magasins bios).
Pendant que ça fond, on émiette au pilon deux ou trois biscuits « petits beurre » bio, qu’on dispose au fond de petites verrines. Puis on verse le mélange beurre/chocolats par dessus. On laisse refroidir, puis on met au frigo au moins 1/2 h. Recette co-inventée avec mon fils, qui l’a nommé « Muaka ».
Bon appétit.
Pour ceux que cuisiner rebute, un restaurant a ouvert à Paris : CRU. Je ne sais pas ce qu’il vaut. Avez-vous essayé ?




































