Archive pour la catégorie ‘LIFESTYLE’

8 mars 2010

A LITTLE PEE par ISABELLE RIVOIRE-GRANGE

Do not forget to save water ! And paper !


Vitalic – Second Lives (from the album Flashmob)

Via graphism.fr

3 février 2010

LOMBRIIIIIIBOX! par CELINA

lombribox

Ca y est!  J’ai enfin acheté ma LOMBRIBOX, et reçu mes lombrics quelques jours plus tard (au bureau, désolée pour mes collègues car je les ai laissés dans le frigo avec les Tupperware de nos déjeuners respectifs). Après un petit stress lors du montage (mais est-ce que je l’ai bien fermée? ne vont-ils pas s’échapper? comment faire pour ne pas qu’ils se noient? etc), les voilà bien en forme…

Comment le savoir ? Eh bien au vu de la quantité de nourriture qu’ils reçoivent, ils ont l’air d’être super actifs!! Parce que le mode d’emploi disait qu’il fallait attendre 2-3 mois avant d’avoir du compost et c’est bien le cas…

Pour tous ceux qui ne savent pas ce qu’est une Lombribox : c’est un composteur de petite taille qui ne nécessite aucun jardin, car ce sont des vers de terre qui digèrent les déchets végétaux (au lieu des microorganismes présents dans la terre des jardins). Plusieurs bacs sont superposés, dans lesquels les déchets sont déposés, du bac le plus bas, où se trouvent les lombrics, au bac le plus haut, vers lequel ils montent au fur et à mesure qu’ils digèrent les déchets. La Lombribox peut être installée sur une terrasse, un balcon, ou même dans la cuisine. C’est un « composteur urbain ». Et je confirme qu’aucune odeur désagréable ne perturbe les voisins. Au cas où, je l’avais quand même placée sous mon buisson de lavande…

lombriboxC’est finalement simple à monter, et simple à utiliser, dés qu’on en prend l’habitude. Tout le monde dispose des déchets nécessaires à nourrir les petites bêtes : épluchures de fruits et de légumes, feuilles mortes (pour ceux qui ont des plantes), coquilles d’oeuf (il paraît que c’est bon pour pour leur digestion, dixit la notice), mais il n’est pas recommandé de leur donner d’aliments cuits ou de pelures d’agrumes qui sont trop acides.

Ce qui est un peu plus délicat, c’est de récupérer le compost. En théorie, les lombrics montent dans le bac supérieur et l’on peut prendre le compost « tout frais » du bac inférieur pour le mettre dans ses pots de fleurs. En pratique, il faut bien faire attention à ne pas prendre les lombrics avec le compost, car certains (les fourbes!) restent dedans… Il faut donc y aller avec des pincettes (ou ses doigts) pour les enlever un à un. Pas de panique tout de même pour ceux qui perdent leurs lombrics, car on peut en recommander chez le fournisseur!

On peut acheter une Lombribox chez Truffaut et chez Nature & Découverte (en France).

……………………………………………………………………………………………………………………

Done! At least, I bought  my  LOMBRIBOX, received my earthworms by mail few days later (sorry to my colleagues because I put them in the fridge of our office, with our lunch). After the little stressing for build and fix it (did I correctly closed it? will they escape from it? how can I do for preventing them to die? etc), they seem to be well installed…

How should I know that? Hey… by the great amount of food I provide, they are very active! I have been told they need 2-3 months to make the compost…

For all who discover what a Lombribox is : it is a small compost maker device that does not need any garden, thanks to earthworms that digest plant-derived wastes (instead of micoorganisms in the garden’s soil). It thus should be installed on a terrace, a balcony, a garden, or even in the kitchen. Actually, it is a « urban compost maker ». I confirm, it does not smell. But in cas of it would have been the case, I put it under my lavender bush…

It is quite simple to build, simple to use, as soon as it becomes a habit. Everyone has the necessary wastes to feed these worms : fruits and vegetable peelings, dead leaves (for the ones havings plants), egg cockles (said to enhance worms’ digestion), but it is not recommended to give them cooked vegetables or citrus fruit peels, that are too acid.

What is more difficult is to get the compost. In theory, the worms go up in the upper level and the compost may be taken and directly used for your plants. In practice, pay attention not to take the worms with the compost, because some of them hide in it… You will have to take them one by one with your own hands. Don’t panic if you loose some worms, you may command new ones to the supplier!

We may buy the Lombribox in Truffaut and Nature & Découverte (in France).

15 janvier 2010

LE PÉTROLE par ISABELLE RIVOIRE-GRANGE

Sur little galerie (www.littlegalerie.org) quelques perles écolo se promènent, dont celle-ci.

« Le pétrole est une ressource inépuisable qui va se faire de plus en plus rare »

petrole

12 janvier 2010

J’ECOUTE FIP par TIMOTHÉE ROLIN

parents_bio

7 janvier 2010

LOCAL ORGANIC AND LOVELY (L.O.L.) par ISABELLE RIVOIRE-GRANGE

Here’s a selection of pictures from the amazing website « the selby ». Todd Selby visits and photographs creative people in their homes. He followed Chef Ignacio Mattos from Il Buco, shopping for organic and local produce at the NYC Union Square Market.

This makes me feel like to go to the nearest market, and get ready to cook !

See more on http://www.theselby.com

theselby_IlBucoShop_2

theselby_IlBucoShop_3

theselby_IlBucoShop_4

theselby_IlBucoShop_6

theselby_IlBucoShop_1

theselby_IlBucoShop_5

29 décembre 2009

SKINNY OR NOT SKINNY par ISABELLE RIVOIRE-GRANGE

Nous sommes le 29 décembre 2009 et j’ai l’étrange impression d’être passée très près de la greffe du foie en urgence. Le régime surprotéiné et je l’avoue légèrement alcoolisé de ces derniers jours a mis mon métabolisme à l’envers.

Cette période de fêtes exceptionnelle tombe à un moment de l’année où le corps a besoin de plus de carburant. Le problème, c’est qu’une partie de la population mondiale est en suralimentation permanente. Si chacun des habitants de la planète mangeait de la même façon qu’un américain moyen, il y aurait un sérieux problème de fournisseurs. Pénurie alimentaire, mais aussi de soins médicaux.

Nous, occidentaux privilégiés et bien nourris, sommes tous avertis, et presque tous d’accord sur ce point : nous mangeons trop et c’est mauvais.  Au risque d’être politiquement incorrecte (pour une fois) je suis d’accord avec Karl Lagerfeld qui pense que « Personne ne veut voir de femmes rondes dans la mode ». Kate Moss va dans ce sens avec une déclaration controversée « Nothing tastes as good as skinny ».

Les associations de lutte contre les troubles alimentaires se scandalisent que la « brindille » puisse influencer de nombreuses jeunes filles dont elle est le modèle. « Lorsqu’elle justifie même par inadvertance un comportement potentiellement dangereux, c’est regrettable » dénonce Susan Ringwood, de l’association britannique Beat.

Donc en fait, les fameux « canons de la mode » seraient responsables d’attitudes boulimiques ou anorexiques. Pardon, je n’ai pas bien compris. Je résume. D’un côté on mange trop, et mal, et de l’autre on soigne les troubles alimentaires. On remet en cause l’image des femmes dans les média, mais personne ne s’interroge à propos de qualité globale dans l’industrie agro-alimentaire.

Kate a raison, être mince c’est plus sain, c’est plus beau, et c’est plus écolo ! Elle n’a jamais prôné la sous-alimentation. « Skinny » veut dire mince, pas maigre.

La vraie réponse aux troubles alimentaires n’est pas la chasse aux sorcières des catwalks. Il y a bien sûr des causes psychologiques et très particulières sur lesquelles je ne m’avancerai pas, en revanche il me semble que la satisfaction est très importante en matière d’alimentation. Il s’agit d’un problème de société. Les causes les plus flagrantes sont à mes yeux le glissement vers une consommation quotidienne de Junk Food. Ces produits, que nous mettons dans notre bouche, contiennent des apports énergétiques élevés inversement proportionnels aux apports nutritionnels que le corps réclame à travers la sensation de faim.

Nous français avons pour l’instant gardé beaucoup de nos traditions culinaires, nous protégeant ainsi d’une industrialisation massive. Cultivons-les, allons plus loin, même.

L’avenir de la planète -et le nôtre- passe par quelques petites prises de conscience et adaptations.
Mangeons moins de viande ; moins pollué -vive le bio- ; plus local -un fruit jetlaggé, berk- ; prenons du plaisir à trouver des trucs variés dans nos assiettes ; soyons curieux du palais ; mangeons par plaisir ; savourons copieusement de petites quantités ; arrêtons les plats manufacturés qui ne nourrissent pas pour de vrai.
Prenons des repas conviviaux. Hélène Darroze, l’une des meilleurs chefs du monde s’il vous plaît, est elle même convaincue que le fait de partager avec ceux que l’on aime est aussi important que ce qu’il y a dans l’assiette. Cela dit, ce n’est pas du Mac Do, qu’elle met dans son assiette…

junk_food_is_not_ecological

© Andreas Schlegel

29 décembre 2009

POST XMAS VERSUS XMAS POST par CECILE DUCROT-LOCHARD

Trop tard pour un plan spécial cadeaux green et décomplexés ? Ben non  !

Trois excellentes excuses pour continuer à faire plaisir et se faire plaisir, quelques bons plans et une astuce bonne conscience.

50-cadeaux-bio_xd4

- Vous en avez reçu combien cette année des cadeaux idiots ? Visiblement pas mal si l’on en croit l’étude française de TNS réalisée pour eBay. Plus de quatre internautes sur dix ont l’intention de céder en ligne leurs cadeaux non souhaités, soit 20% de plus qu’en 2008. Et c’est déjà parti, les compteurs explosent !!! Le recyclage et le tri c’est aussi ça…. Et comme par magie, cela fait une proportion très acceptable de la population qui sait enfin séparer le bon grain de l’ivraie.

- Gâter toute l’année c’est bon pour la santé. C’est un article du Monde du 27 décembre dernier qui le dit, d’après les conclusions d’une étude du très sérieux Science : la gentillesse et son expression la plus concrète, la générosité, ont plus que jamais le vent en poupe. Ceux qui donnent à leurs amis ou aux associations seraient plus heureux, à revenu égal, que ceux qui gardent tout pour leur pomme. Une bonne résolution pour 2010 !

- Les cadeaux écolos ne se résument plus aux jouets Vilac pour les enfants et aux CD de cris d’oiseaux qui endorment votre père et font flipper votre mère. Preuves à l’appui !

Pour le geek sympa : la première souris vraiment verte, sans fil et sans pile

souris verte

Pour ceux que le bug de l’Eurostar a effrayés : le best-of de la gastronomie anglaise (si si ça existe) labellisée fair-trade.

panier-anglais_yjt

Pour un globe trotter écolo : un sac de voyage Bilum, le dernier né des modèles de  la marque sympa qui n’utilise que des bâches publicitaires et ceintures de sécurité recyclées

Bilum11[1]

Pour votre frère qui se la pète : un chapeau en vieilles bandes de cassettes audio, même pas moche !

recycled-cassette-tape-fedora-2_cwq

Pour ceux qui ont encore un PEA: le canapé « car-crash », une belle pièce fabriquée en carrosserie de voiture dans la médina de Dakar.

canape-car-crash_a8k

Tous les articles sont à retrouver chez marcel : http://www.marcelgreen.com

Et enfin, vous pouvez aussi faire un cadeau  à votre sapin !

Si vous êtes parisien, vous avez jusqu’au 24 janvier 2010 pour déposer votre arbre tout sec dans l’un des 96 points de collecte mis à disposition par la municipalité et lui offrir  une seconde vie. Il est pas mieux transformé en paillage pour les massifs de fleurs qu’endeuillant les trottoirs de la capitale ?

sapin

Pour connaître l’ensemble des points de collecte et exploser les records des années passées (15 000 sapins recyclés en 2007, près de 25 000 en 2008) rendez-vous sur le site de la mairie de Paris, rubrique « Offrez une deuxième vie à votre sapin ».

http://www.paris.fr

7 décembre 2009

JE VISITE LE SITE INTERNET DE L’ARTISTE BEN par TIMOTHÉE ROLIN

kill_yourself

7 décembre 2009

LE CIEL N’ATTEND PLUS par ISABELLE RIVOIRE-GRANGE

L’envie m’a pris de mesurer mon degré de greenitude. Via le site de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), j’ai pu évaluer les émissions de carbone que je génère en une année, en remplissant un questionnaire simple et précis sur www.calculateurcarbone.org. Mission accomplie après environ 30 minutes. J’étais assez flattée de mon résultat, avec un bilan presque à la moitié de la moyenne des français. Hypertrophie des chevilles.

Sauf que j’avais oublié d’y intégrer un élément important ! Après un nouveau calcul transports inclus sur un an, j’ai eu un choc ! Je générais cette fois plus de trois fois la moyenne des français.

Prendre l’avion = CO2 puissance 10.

Mis à part rester sagement chez soi, il n’y a pas tellement d’alternatives. A destination de l’Europe, on peut prendre le train, qui pollue 25 fois moins par passager qu’un avion sur la même distance. Je n’ai encore jamais essayé, mais ça ne doit pas être désagréable de passer la nuit à bord d’un train couchette, un peu comme prendre le mythique Orient Express, si on rêve un peu…

L’attraction, sans la gravité, c’est presque possible. Puisque les transports aériens restent le meilleur moyen d’aller à l’autre bout du monde, voici quelques malins stratagèmes pour minimiser la pollution. Priviliégier les gros porteurs, car plus l’avion est gros, moins la pollution par passager est importante. Eviter les escales, qui multiplient atterrissages et décollages très impactants. Partir moins souvent, mais plus longtemps, par exemple trois semaines de suite au lieu de deux fois dix jours. Et last but not least, aller à l’aéroport en transports en commun. C’est sûrement moins confortable, mais aucun effort ne fait peur aux smiling greens.

Dans un avenir un peu plus lointain, les voyages sans culpabilité seront proposés par certaines compagnies aériennes qui étudient leurs vols pour un moindre impact. Encore plus fort et plus loin, peut-être un jour aurons-nous le plaisir de voyager en avion solaire SOLAR IMPULSE ?

www.solarimpulse.com

solar-impulse_avion_solaire_smile

24 novembre 2009

JE SORS DE LA CUISINE par TIMOTHÉE ROLIN

interrupteur

24 novembre 2009

COLOR DIET par ISABELLE RIVOIRE-GRANGE

non_colour_can_Eco_friendly_Package

What you first notice is the beautiful design of this aluminum can embellished with the most famous brandmark in the world. However this package not only looks gorgeous, but could help save tons of chemicals and tremendous energy when recycled. An embossed logo substitutes sprayed toxic paint, which allows the pack to be composed of one unique material : plain recyclable aluminum.

The idea was born in New York, at RYAN HARC, a design studio founded in 2009 by Ryan Yoon and Harc Lee, both industrial designers. Their approach is unusual, international and human centered.
They believe « design starts from culture, which affects human beings on the individual level and the society they belong ».

This design project is not released yet. Let’s wish the best for such a wonderful idea.

More info at www.7760.org

23 novembre 2009

AQUA SIMPLEX par ISABELLE RIVOIRE-GRANGE

J’applaudis fort cette initiative culottée : à partir du 31 décembre 2009, Biocoop, le premier réseau de magasins bio en France, arrêtera de vendre de l’eau en bouteille. 1,6 millions de bouteilles d’eau seront ainsi annuellement économisées, soit environ 70 tonnes de plastique. J’essaie de visualiser cette énorme quantité, j’avoue que ça me parait mo-nu-men-tal. J’imagine le manque à gagner conséquent. Bravo.

Mais voilà, l’eau du robinet, si elle est propre, n’est pas toujours top top top pour la santé. Chlore, et parfois métaux lourds comme le plomb dans certains immeubles anciens, font partie de sa composition. La solution est d’opter pour le filtre à eau chez soi. Pour sortir, il suffit de remplir une petite bouteille qu’on a amoureusement gardée de côté plutôt que d’en acheter une pleine. -J’avoue que je ne suis pas encore adepte de la gourde de montagne en toutes circonstances-.

Le pichet Brita est tout simplement magique. Il filtre en quatre temps les particules, le calcaire, le chlore, certains pesticides, les impuretés organiques, et réduit de manière significative la teneur en métaux tels que le cuivre et le plomb. Il donne à l’eau un goût agréable idéal pour le café et le thé, et sert de carafe.

J’ai adopté ce petit compagnon depuis une éternité, et n’en suis pas lassée malgré son manque évident de… glamour, matière pour laquelle il obtient une note d’environ 1/20. Et encore je suis généreuse.

pitcher_chrome

www.brita.com

Il sort honteusement de sa planque réfrigérée pour atterrir sur le comptoir de la cuisine, ou se recroqueviller tout penaud sur la table du dîner.
La marque allemande existe depuis 1966, et personne n’a encore pensé à un design un peu sexy…
Vite un beau Brita que tout le monde s’arrache, qu’on puisse enfin décrocher du plastique !

Voici donc le traitement que je réserve aux amis qui passent dîner : de la bonne eau Brita, dans des carafes de laboratoire chinées au puces. Mais non je ne leur empoisonne pas la vie, avec mes histoires de biobio girl !

smile_and_save_the_planet_with_water

15 novembre 2009

J’ACHETE DU PAIN par TIMOTHÉE ROLIN

J'achète du pain

9 novembre 2009

SMELLS LIKE GREEN SPIRIT… par ISABELLE RIVOIRE-GRANGE

We, overstressed northerners, have nothing but a dream : escape from our artificial, speedy and industrial lives.

The new temptation is to go BACK TO THE ROOTS !

« This Must Be It » © Royksopp

Love it…

I recently received an invite (thanks Ane Mari) to become the owner of a piece of land in Mexico.
It’s a wonderful place where you can be an active citizen of the world while living far away from crazy cities and pollution.

http://www.beyax.com/

Here are a few pics my friend sent. Looks like paradise !

smile-in-beyax

anemari88_n

You can horseback ride, bathe in Cenote with water full of minerals, and even bake a cake made with Mayan Organic raw chocolate and vanilla straight from the garden ! The buildings are sustainable conscious with local raw materials, in harmony with nature. Of course it’s run by renewable power.

You also can work from there and stay connected, plus there’s a great focus on music, dance and the arts.

Very tempting… Except give me about 2 weeks before I really miss the crazy urban civilization, and my stilettos.

How would I commute from here to there ? Airplane = CO2 CO2 CO2 ! Not very ecological !

I guess for now I’ll keep trying to be an organic girl in the city, and say : congrats to this new growing community that might become a role model for the rest of the planet !

(Hope to visit some time !)

4 novembre 2009

FLEURS DU MAL par VINCENT BOUCHERON

Pas plus tard qu’hier je rentrai chez moi avec un énorme bouquet de fleurs que je m’étais offert (ouais je suis comme ça, ma love life est à peu de chose près proche du zéro absolu, je m’achète moi-même des fleurs, et parfois je me les fais livrer au bureau, mais ça c’est un autre problème sur lequel je ne vais pas m’étendre ici. merci). Je crânai dans la rue, les gens me regardaient avec un air complice, bref je me la pétai sévère.

mapplethorpe1

Puis une petite voix a commencé à hurler dans ma tête (oui j’ai aussi des voix qui hurlent dans ma tête) : « Qqqqquoooooooooiii mais c’est pas possiiiiiiiiible tu nous auras tout faiiiiiiit, raclure ! ».

Moi : Qu’est ce que j’ai ENCORE fait, Rodolfo (la voix s’appelle Rodolfo. Oui je sais.)

Rodolfo : Tu as acheté des fleurs malheureux !

Moi : Ben quoi c’est vert les fleurs non ? C’est… c’est … c’est des fleurs quoi !

Rodolfo : Stupidolla ! Les fleurs sont certainement parmi les choses les plus polluantes au monde. Elles sont massivement cultivées au Kenya, en Colombie, en Équateur ou au Zimbabwe (les premiers pays producteurs), puis sont acheminées aux Pays Bas en avion cargo, où elles sont revendues à tous les grossistes européens. Autant dire qu’elles reprennent l’avion ou le camion fissa pour arriver à Rungis le lendemain. L’empreinte écologique d’un simple petit bouquet de 20 roses est de 12 m², soit l’équivalent de 20 kilomètres en bagnole TOUT SEUL. Et en plus la traçabilité des fleurs n’est pas vraiment au point.

Moi : Rhooooo ok, bon bah j’achèterai des fleurs françaises alors…

Rodolfo : Pffffu mais tu ne penses à rien. Les fleurs françaises sont en général cultivée en serre chauffée, éclairée, puis elles sont réfrigérées (et parfois « asséchées » pour tenir plus longtemps). Un bouquet « de serre » produit autant de CO2 qu’un bouquet Kenyan.

Moi : Pffffffff

Rodolfo : Sache une chose, jeune Padawan, l’horticulture est énormément gourmande en pesticides et engrais (HYYYYPER toxiques pour l’environnement et encore plus pour ceux qui travaillent dans les plantations), demande une irrigation intense et occupe la place qui pourrait être dévolue aux cultures vivrières locales. La majorité des fleurs sont génétiquement modifiées, et à « champs ouverts » se disséminent partout au détriment des plantes autochtones (et donc de la biodiversité). De plus, les conditions de travail dans les « sweat shops à fleurs » sont parmi les plus déplorables qui soient (les travailleurs souffrent de façon chronique de maux de tête, problèmes de peau, vision brouillée, pertes d’équilibre, insomnies, nausées, troubles de mémoire, dépression… et sont confrontés à plus long terme au cancer, à des maladies respiratoires, cardiovasculaires ou nerveuses et encore je ne mentionne pas les malformations infantiles effarantes dues aux pesticides horticoles. Du coup, c’est à peine si on s’offusque de leurs rémunérations scandaleusement basses) …

Moi : Ouchhh !!! Y a pas de solutions ? Plus de bouquets et on s’offre des sacs en coton bio pour aller au Monop’ bien que ce soit moyen glam’?

Rodoflo : Si crétinus, voici quelques pistes : acheter des fleurs de saison (en ce moment : les anémones, les chrysanthèmes, les dernières roses, les roses de Noël…), privilégier les cultures locales en pleine terre, si possible sans biocides, sans engrais synthétiques, sans OGM… Et choisir des fleurs qui durent longtemps et en acheter peu à la fois. Maintenant, trouver un fleuriste qui remplisse tous ces critères c’est rêver la vierge en couleur, je te l’accorde…

Moi : ah bah merci !

Rodolfo : Remarque, un joli bouquet de branchages ou d’arbustes peut être une alternative graphique très appréciable. Même en hiver.

Moi : You save my life.

penn_iceland_poppy_feb_07

PS: petit conseil pour qu’un bouquet dure longtemps, longtemps, longtemps… Mettez les directement dans l’eau après les avoir achetées, dans un vase en verre PROPRE, coupez quelques centimètre de tige (une coupe propre et franche, donc vous tirez pas dessus et vous ne cisaillez pas la tige avec les dents), enlevez toutes les feuilles immergées dans l’eau, ne les serrez pas trop, ne les mettez pas à côté d’une source de chaleur, dans un courant d’air ou près de fruits (l’éthylène émis par les fruits les fera faner 2 fois plus vite) et changer l’eau tous les jours. Et enfin chaque fleur mérite sa quantité d’eau : un quart de tige pour les plantes à bulbes et 50% minimum de tige pour les autres.