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25 octobre 2012

CONVERSATION AVEC EMILIE LUC DUC par ISABELLE

L’adorable et talentueuse Émilie Luc Duc est directrice artistique de Rodier, marque Française spécialisée dans la maille depuis 1852. Son sens du style, et sa générosité dans le travail m’ont interpellée, j’ai donc eu envie de l’interviewer plus précisément, et ce fut fort agréable.

EmilieLucDuc

Nous voilà donc un vendredi matin –ce n’est pas encore tout à fait le week-end– au Café Madam –qui propose d’ailleurs quelques plats bio– devant un café crème au goût de dimanche ensoleillé.

Emilie-LucDucInterview

Emilie a totalement dépoussiéré le style Rodier, sans gommer l’héritage très français tellement élégant qui caractérise la marque. Une prouesse, jugez en par la collection hiver 2012-13 en vente en ce moment :

Rodier-campagne-ah2013

Rodier-campagne-automne-hiver_2012_13

Rodier-automne-hiver-2012-13

Rodier-automne-hiver-2012_13

La collection été 2013, tout juste dévoilée, a attisé ma curiosité.

IRG – Quelle a été ton inspiration pour cette collection ?

ELD – La collection d’été s’inspire du bain de soleil, de ces moments de flânerie de plein été sous un parasol et d’une femme française qui pourrait être une héroïne de Sagan dans un film de Sofia Coppola. C’est une série d’instantanés cinématographiques… Des découpes de maillot rétro, des jeux de bretelles et des touchers éponge sont transformés en robes élégantes et colorées.
J’ai aussi voulu mettre en lumière une certaine innocence, avec des motifs graphiques tricotés et des jeux de rayures distordues qui rappellent les mosaïques et les rayés des fonds de piscine.

IRG – As-tu mis l’accent sur une fabrication Française pour cette collection ?

ELD – Oui, nous avons la volonté de rapatrier certains thèmes en France, et notamment les thèmes de coupé-cousu, qui sont plus faciles à fabriquer ici.
Rodier est une maison française ancienne qui a toujours eu la volonté d’innover dans le textile en inventant de nouvelles matières comme le Jersey pour Mademoiselle Chanel. Fabriquer certains modèles de jersey, de molleton, par exemple, permet de valoriser notre savoir-faire et notre patrimoine.

IRG – Est-ce que tu suis les fabrications ?

Oui, je suis en contact avec les fabricants, mais je ne vais pas systématiquement dans les usines… Le fait de faire fabriquer en France aide parfois à la compréhension des modèles. On gagne du temps aussi !

IRG- Oui j’ai l’impression qu’on est en train de se ressaisir en France, il y a un moment où on a abandonné l’industrie de la mode, alors que la mode, c’est nous !!! Les Français, les Italiens, nous somme leaders…

ELD : Je travaille avec des ateliers qui n’ont jamais cessé d’exister, qui se sont accrochés et n’ont pas fermé, et c’est très agréable d’échanger avec des techniciens français ou Italiens. On partage le même héritage culturel pour les volumes, les points, la recherche…

IRG – Lorsque tu dessines une collection, est ce que tu penses dès le départ à la fabrication ?

ELD – Oui, bien sûr, et la fabrication est primordiale. Toutes les étapes sont importantes et donc tout prend beaucoup de temps. On peut avoir un très bon dessin sur silhouette, mais si on n’a pas un bon développement technique, quelqu’un qui comprend bien l’esprit du modèle, on a un rendu terrible !
Quand je rencontre les fabricants, une relation de confiance doit s’installer. Un bon technicien, un bon fabricant, aiment faire de nouveaux essais, expérimenter…

IRG – Comment rencontres-tu les fournisseurs ?

ELD -  Ils viennent nous voir et nous montrent ce qu’ils savent faire. Si le degré de qualité nous convient, on peut décider de travailler ensemble sur quelques modèles.
D’un point de vue créatif, c’est intéressant aussi… Parfois j’ai en tête un jeu de points ou un volume, qu’on n’arrive pas à faire, puis un jour un atelier réussit à le faire, vient me voir avec un échantillon, et là, je suis aux anges !

C’est agréable d’être dans l’échange. Mes modèles sont parfois compliqués et j’aime entendre que certains ateliers ont aimé ces défis… que les les techniciennes se sont amusées à trouver de nouvelles solutions techniques pour les réaliser. C’est un métier de passion dans lequel nous devons avancer ensemble pour que cela ait du sens.
Les techniciens que j’ai pu rencontrer ces dernières années restent des passionnés. C’est souvent des ateliers familiaux et cet amour du travail de la maille, de la recherche se transmet de génération en génération. C’est certain… Ils n’ont pas choisi ce métier par hasard. Je garde un souvenir très touchant d’une dame Italienne proche de la retraite avec qui j’avais travaillé sur des modèles entièrement drapés, twistés, très complexes en mise au point. Après des semaines de recherches, de modifications, elle avait trouvé le volume parfait.
Avant de partir, elle m’a prise dans ses bras… C’était compliqué et très différent  de ce qu’elle avait l’habitude de faire. Elle avait réussi. Elle était ravie!
Je suis très sensible à cette volonté d’aller plus loin, de continuer à chercher, à déveloper de nouvelles idées, de nouvelles techniques…

Et puis, lorsque la collection est bouclée, il faut mettre en valeur toutes les réalisations : la dernière étape importante, c’est le catalogue, les campagnes. Là aussi il est primordial de construire une image juste, précise.


Merci Émilie ! Et voici un aperçu de ce que nous aurons toutes envie de porter l’été prochain -vivement le soleil et les heures perdues au bord de la piscine- :

Rodier-printemps-ete-2013

Rodier-printemps-ete_2013

Et ce n’est pas fini… En décembre sera dévoilée la première collection de prêt à porter par Repetto, également dessinée par Emilie (elle compare ses grosses périodes de travail à de la compétition sportive ! ). La collection se compose d’une vingtaine de modèles autour de la garde-robe de la danseuse, très épurée, qui parle d’elle-même : on revient à l’essentiel. Il y a de la maille, du jersey, et du flou : des tutus, beaucoup de transparences, de subtilité et de féminité. Tout est fabriqué en France, un peu en Italie, et une toute petite partie en Hongrie, avec de très belles matières naturelles françaises et italiennes.
J’ai hâte de découvrir ça !

Portraits © Vianney Tisseau

6 juin 2011

MADE IN FRANCE / CHAPTER ONE par ISABELLE

Voici trois nouvelles adresses à Paris, pour se faire plaisir. Accessoirement, consommer local et écolo.

HERITAGE

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Cadre-Heritage-Paris

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Comme si on devait encore prouver sur ce blog que la bicyclette est le plus chic moyen de transport du monde, je mentionne une nouvelle marque de magnifiques vélos. Lors de l’inauguration chez Centre Commercial, je suis tombée instantanément amoureuse de TOUS les modèles, présentés de façon inattendue, comme de l’art contemporain. Il s’agit de 100% Made in France, à la main, artisanalement, et absolument SUR MESURE. Avec un tel engin, on pédale sans perte d’énergie (celle qui vient des muscles, pas d’un moteur à explosion). Je ne sais plus avec qui nous parlions de la relation très spéciale qu’on a avec son vélo -je suis personnellement très amoureuse du mien-, mais j’imagine qu’avec un « Heritage » ça devient totalement passionnel…

http://www.heritage-paris.com

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LA BELLE ÉCHOPPE
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Créée par French Trotters et le blog Redingote, cette boutique en ligne ne vend que du « made in France ». Les vêtements, accessoires ou même des produits comme le papier d’Arménie -fabriqué à Montrouge, comme son nom ne l’indique pas- sont choisis pour leur qualité et leur style, que l’on appréciera et chérira d’autant plus qu’ils ont été manufacturés avec amour, et qu’ils n’ont pas parcouru 20 000 km pour arriver jusqu’à nous.

Quand au blog de la Belle Échoppe, il raconte le savoir-faire, la particularité des matériaux et des techniques utilisés, qui font la fameuse « french touch ».

http://labelleechoppe.fr

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L’EPICERIE GÉNÉRALE

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Du made in France qui ne se porte pas mais qui se mange, ça existe aussi. Maud Zylnik a fait un petit tour de producteurs 100% tradi, 100% frenchies et 100% bio, a sélectionné le meilleur pour sa nouvelle boutique située dans un quartier pourtant plus bourgeois que bohème ! Il faut dire que les produits n’ont rien à voir avec la « babafood ». J’y ai goûté des charcuteries du Sud-Ouest absolument incroyables, dont du gras de porc tranché finement. Oui c’est bon, et ça s’appelle le LARDO ! L’épicerie regorge de victuailles variées et ultra appétissantes. Même le pain est exceptionnel. Je n’ai pas goûté le fromage, mais il a vraisemblablement conquis Sophie Fontanel, qui tirait la langue devant l’étalage.

La boutique est jolie, Maud a choisi comme emblème la chouette, symbole du combat, pour que les producteurs français existent toujours !

La trouvaille de la maison : le pique-nique à emporter. Tout prêt. La prochaine fois que j’entends dire que c’est compliqué de manger bio à Paris, je m’énerve.

L’épicerie Générale, 43 rue de Verneuil, 75007 Paris /  http://www.epiceriegenerale.fr

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Pour conclure, je retiendrai la citation d’Edgar Morin qu’Heritage a choisi  comme motto :

« La nouveauté nait toujours dans le retour aux sources ».

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